• mlhsimier

Tao

Mis à jour : avr. 27

Tao est un terme de philosophie chinoise signifiant « voie, chemin ».


Le tao est la « Mère du monde », le principe qui engendre tout ce qui existe, la force fondamentale qui coule en toutes choses de l’univers. C'est l’essence même de la réalité et par nature ineffable et indescriptible. Il est représenté par le taijitu, symbole représentant l’unité au-delà de la dualité yin-yang. Le Tao a été édifié ou systématisé dans le texte Tao Tö King attribué à Lao Tseu.


Le Tao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l'univers au passage du Qi ou souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est au cœur des conceptions éthiques chinoises (le mot "daode", morale, en est issu), généralement considérées comme une pragmatique du juste milieu, ou du choix propice. La participation individuelle au Tao se fait par le wuwei ou « non-agir ».


Le Tao est la notion maîtresse à l'œuvre dans le taoïsme, philosophie et voie spirituelle chinoise. Le confusianisme y fait référence aussi mais dans un sens souvent plus moral.


Il est souvent traduit par « le principe » et par extension, un grand nombre de pratiques et d'arts ou artisanats orientaux ont comme suffixe le mot dao, « l'art de » : cha dao, « l'art du thé », kongshoudao ou karaté-do, « l'art de la main vide », et ainsi de suite.


Lao Tseu disait : « Le Tao que l'on peut nommer n'est pas le Tao ». Le taoïsme est avec le confucianisme la forme de pensée la plus originale en Chine et dans certains pays d'Asie. Les concepts qui y sont reliés ont joué un rôle central dans le développement des sciences chinoises. Il met en évidence un choix de pensée non-discursif et non-analytique qui peut paraître obscur aux modes de pensées occidentaux plus cartésiens : exactement à l’instar de la critique que BERGSON élabore sur le langage, qui par son caractère quantifiant, abstrait et cursif ne permet pas d’accéder à l’objectivité du monde. Objectivité atteignable par le dépassement du langage au travers de l’intuition de la Durée du monde.


Synthèse modifiée, source Wikipédia FR, consulté le 08/02/19.



Lao Tseu, Tao Te King, Albin Michel, traduction Ma Kou, 1984 :


1

La vérité (1) que l’on veut exprimer

N’est pas la vérité absolue.

Le nom qu’on lui donne

N’est pas le nom immuable.

Vide de nom (2)

Est l’origine du ciel et de la terre.

Avec nom (3)

Est la mère des multitudes d’êtres. (4)

Le vide de l’être

Médite la racine de toutes chose.

L’être

Considère ses manifestations.

Tous deux sont un

Mais par leurs noms diffèrent.

Un qui est secret

Mystère du mystère

Porte secrète des mystères.

(1) Tao

(2) Non-être, néant

(3) Être

(4) La création sous toutes ses formes

2

Dans le monde chacun décide du beau

Et cela devient le laid.

Par le monde chacun décide du bien

Et cela devient le mal.

L’être et le vide (1) s’engendrent

L’un l’autre

Facile et difficile se complètent

Long et court se définissent

Haut et bas se rencontrent

L’un et l’autre.

Voix (2) et sons s’accordent

Avant et après se mêlent.

Ainsi le sage, du non-agir (3)

Pratique l’œuvre

Et enseigne sans paroles.

Multitudes d’êtres apparaissent

Qu’il ne rejette pas.

Il crée sans posséder

Agit sans rien attendre

Ne s’attache pas à ses œuvres

Et dans cet abandon

Ne demeure pas abandonné.

(1) Ce qui a une forme et ce qui n’a pas de forme

(2) Note

(3) Respect de l’ordre naturel.





© Coagulation Emmanuel SIMIER 2018