© Coagulation Emmanuel SIMIER 2018

  • mlhsimier

Concrétologie Contradictionnelle Moniste

Mis à jour : 5 févr 2019


Brève épistémologie de la concrétologie homéopathique


Introduction générale


Le propre de l'Humanité est de ne jamais cesser de progresser par une lutte acharnée dans la conquête de la connaissance scientifique en découvrant les lois de la Nature et en essayant de les transformer. C'est pourquoi le « dogmatisme et le conformisme sont de terribles puissances d'immobilité » disait René Leriche. Pour saisir la démarche de la connaissance médicale qui va du médecin au malade afin d'appréhender le pathologique et obtenir une déduction thérapeutique, il est utile, voire nécessaire d'avoir une compréhension d'ensemble de la Biopathologie humaine et d'une Homéopathologie rénovée.


Considérations méthodologiques et philosophiques sur la médecine


Nous avons, pour notre modeste part, fait le choix d'une conception médicale philosophique que nous allons désigner sous le terme de Concrétologie contradictionnelle moniste (C.C.M.).


Essayons de définir ces trois termes :


Concrétologie indique le réel s'exprimant par la matière, laquelle se conçoit comme mouvement et changement.


L'homme concret est un tout, tant par ses possibilités, que par la réalisation de soi, saisi dans l'ensemble de ses manifestations et dans son milieu. C'est son existence qui détermine la conscience et à son tour la conscience influence l'existence, tant sur le plan anthropologique que sur le plan socio-historique.


Contradictionnelle indique la démarche dialectique qu'implique la contradiction dans l'unité des choses. " C'est la science des lois générales du mouvement, tant du monde extérieur que de la pensée humaine." (F. Engels, Ludwig Feuerbach - Ed. Sociales).


La conception concrétologique contradictionnelle procède de l'étude du développement d'un processus normal ou pathologique, de son contenu interne, de ses relations avec d'autres processus. C'est la contradiction interne qui est à l'origine du développement du processus et les causes externes constituent la condition du changement et agissent par l'intermédiaire des causes internes.


La contradiction est la base des formes simples et complexes du mouvement et la caractéristique de la vie montre précisément qu'un être est à chaque moment le même et pourtant un autre.


La contradiction présente un aspect double, celui de l'universalité et celui du spécifique.


Le caractère d'universalité se retrouve à tous les stades du développement des symptômes ou des processus et pénètre chaque processus du début à la fin.


L'apparition d'un processus pathologique nouveau signifie que l'ancienne unité et les contraires qui la constituent font la place à une nouvelle unité, à des nouveaux symptômes contraires ; l'ancien processus s'achève, le nouveau surgit et commencera à son tour sa propre histoire clinique contradictionnelle.


La spécificité indique la différenciation infinie des choses dans la Nature et la Société. La spécificité pathologique indique la diversité des phénomènes biochimiques et leur infinie variabilité.


Le mouvement de la connaissance humaine procède du particulier et du spécifique pour atteindre par étapes successives le général. Il y aura lieu d'étudier donc la liaison qui va du spécifique au général mais aussi du général au spécifique en tant que contradictions qualitativement différentes.


Envisager unilatéralement un processus pathologique conduit à une impasse (voir l'unicisme selon Kent en Homéothérapie) car il bloque le processus de la connaissance contradictionnelle, donc du déroulement dans le temps et dans l'espace du processus pathologique.


Le rapport contradictionnel entre le symptôme principal et le ou les symptômes secondaires nous contraint, en considérant la maladie dans sa totalité, à prescrire des remèdes différents mais analogues aux symptômes présentés, selon les étapes du processus pathologique en cours.


Dans tout processus pathologique il y a des étapes différentes et il y aura lieu de connaître et différencier la contradiction fondamentale, principale, à caractère général et la contradiction particulière, secondaire.


Mais, et ceci est primordial, non dans un esprit statique, mais dynamique car le général n'existe que dans le particulier.


Dans le développement des phénomènes morbides ce qui est universel dans tel contexte peut devenir particulier dans un autre.


Ainsi chez un malade donné, telle symptomatologie dominera dans le déroulement du phénomène clinique pour laisser place à une contradiction secondaire devenue brusquement, par le truchement du changement qualitatif, contradiction principale du fait même de l'interaction et du déplacement des contradictions.


Il y a lieu de noter qu'un processus pathologique complexe comporte plusieurs contradictions et il faudra s'efforcer à trouver la contradiction principale, à un moment donné de ce développement.


La maladie ne sera donc plus considérée seulement dans l'é tat statique mais en tant qu'un processus dynamique à caractère pluricontradictionnel et entraîne une thérapeutique pluri-analogique.


Qu'est- ce que distingue une contradiction principale d'une secondaire?


C'est l'inégalité de développement dans le processus pathologique donné des forces contradictionnelles. Autrement dit : l'expression dominante d'un symptôme ou d'un complexe symptomatique - la triade caractéristique - dans le tableau symptomatologique général.


L'étude des divers états pathologique s d'inégalité dans les contradictions, de la contradiction principale et des contradictions secondaires déterminera la conduite clinico-thérapeutique en vue du rétablissement de la santé, état nouveau en remplacement de l'ancien et dont seul le mot reste le même.


Enfin, cette concrétologie contradictionnelle ou cette conception matérialiste dialectique est moniste.


Moniste indique cette Unité des choses et des phénomènes en tant qu'état de changement quantitatif, c'est-à-dire le passage d'un processus pathologique à un autre. La connaissance est division de l'Unité et elle caractérise la pensée qui appréhende la "chose elle-même". La connaissance médicale moniste appréhende ainsi Santé et Maladie dans l'Unité de l'Etre.


Othon-André JULIAN, Traité de micro-immunothéraphie dynamisée, Tome 1, Paris, Librairie Le François, 1977, P.13 à 15.