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Extraits littéraires...

Dernière mise à jour : mai 17

- Gustave FLAUBERT, Madame Bovary, Conrad, 1910 :

« Qu'est ce autre chose que la vie des sens, qu'un mouvement alternatif, de l'appétit au dégoût, et du dégoût à l'appétit, de l'appétit au dégoût et du dégoût à l'appétit… »


- Gustave FLAUBERT, Correspondance, Vol. Il, Pléiade, Paris, 1980, p. 204 :

« L’auteur, dans son œuvre, doit être, comme Dieu dans l’univers, présent partout et visible nulle part. »


- William SHAKESPEARE, citation :

« J’ai fait un rêve, mais l’esprit humain est bien trop limité pour nommer ce rêve. »



- André BRETON, Nadja :

« L’amour comme des portes battantes »



- Victor HUGO sur l’obscurantisme :

« De ce qu’un fait vous semble étrange, vous concluez qu’il n’est pas.

Ce qui est puéril, c’est de se figurer qu’en se bandant les yeux devant l’inconnu,

on supprime cet inconnu. »



- Philip K. Dick, Confessions d'un barjo

«Après tout, le choix est impossible à l'homme sans la connaissance, et un choix judicieux n'est possible que si la connaissance est totale et scientifiquement organisée. C'est ce qui nous différencie de la brute.»


- Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, L’archipel du Goulag, 1973.

« Peu à peu, j’ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les Etats, ni les classes ni les partis, mais qu’elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l’humanité. »



- Paul VALÉRY, Œuvres, Fin de Monsieur Teste, Le Livre de Poche, 2016, p.1084 :

« Il s’agit de passer de zéro à zéro. – Et c’est la vie. – De l’inconscient et insensible à l’inconscient et insensible.

Le passage impossible à voir, puisqu’il passe du voir au non voir après être passé du non voir au voir.


- Paul VALÉRY, L’âme et la danse, 1921 : « La vie est ce qui meurt. »

Le voir n’est pas l’être, le voir implique l’être. Non exactement l’être, le voir. On peut être sans voir, ce qui signifie que le voir a des coupures. – On s’avise des coupures par des modifications survenues… qui sont révélées par un voir qui s’appelle mémoire. La différence entre le voir « actuel » et la voir « souvenir » si elle est discontinue, et si le voir actuel ne la contient pas, s’attribue à un « temps » intermédiaire. Cette hypothèse n’a jamais été trouvée en défaut. »

- Paul VALÉRY, Tel quel, Folio essais, 2014, p. 419 : Analecta, 1943, LXXI, Illusion des sens, hallucination :

« Je me demande si on a observé des contre-hallucinations… c'est-à-dire des non-perceptions de tel objet…

c'est-à-dire la vision de ce qu’on verrait si tel objet n’était pas là ? »



- Alexandre JARDIN, L’île des gauchers, Folio, 1995, p.134 :

« Les gauchers se regardaient plus comme des chercheurs insatisfaits que comme des trouveurs assis sur des dogmes ;

ils étaient trop gourmands des différentes manières d’aimer pour s’en tenir à une seule. »



- Craig CLEVENGER, Le contorsionniste, Le Nouvel Attila, 1996 :

« Le vécu de quelqu’un égale ce qu’il a, plus ce qu’il veut par-dessus tout,

moins ce qu’il est vraiment prêt à sacrifier pour ça. »



- Daniel FOUCARD, Seule, Inculte, 2018 :

« N'attendez pas qu'on vous change de force, changez de votre plein gré. Ce n'est plus une prisonnière que vous avez sous vos yeux mais une visionnaire, je suis là pour vous montrer le chemin. Lâchez vos télé-réalités nomades pour dresser avec moi un plan d'occupation des sols. Migrez. Bougez votre population sans territoire et venez créer un peuple ici puisque vous ne le pouvez plus chez vous. Laissez glisser votre érotomanie sexiste de l’hémisphère gauche vers l'hémisphère droit et laissez l'émotionnel prendre le pas sur l'abstraction. Je suis l'élément féminin, et l'exploratrice, votre nouvelle sensibilité commence à se faire à cette idée. Je rêve comme une femme et réalise votre rêve de mec. »


- Ludovic JANVIER, Tue-le !, L’arbalète Gallimard, 2002, (quatrième de couverture) :

« Je m’acharne à croire aux mots, seulement voilà : on les croit faits pour désigner les choses, or ils désignent le manque d’elles. Leur lointain si vous préférez. Et c’est pourtant ce lointain qui nous écarte de nous. Ils sont partout présents les mots, par exemple, les yeux fermés on guette à chaque fois l’éclair de jouir pour aboutir à : « c’est égal ça aurait pu être meilleur ! » A cause des mots, insatisfait par chaque musique, on cherchera toujours dans toute musique. A cause des mots on est toujours ce lecteur sans fin toujours déçus mais toujours lecteur mais toujours déçu mais toujours lecteur. N’ayant jamais assez de ciel ni de mer pour les yeux grand ouverts. Se détournant de ce qu’il voit par désespoir de voir. Triste d’ici, mécontent de là-bas, lourd à bouger, rêvant d’essor, tout sourire et tout regret. »


Christian Bobin, L’enchantement simple et autres textes, Poésie Gallimard, L’éloignement du monde, 1993, p.153 (extrait):

« Si nous considérons notre vie dans son rapport au monde, il nous faut résister à ce qu’on prétend faire de nous, refuser tout ce qui se présente – rôles, identités, fonction – et surtout ne jamais rien céder quant à notre solitude et à notre silence. Si nous considérons notre vie dans son rapport à l’éternel, il nous faut lâcher prise et accueillir ce qui vient, sans rien garder en propre. D’un côté tout rejeter, de l’autre consentir à tout : ce double mouvement ne peut être réalisé que dans l’amour où le monde s’éloigne en même temps que l’éternel s’approche, silencieux et solitaire. »



Christian Bobin, L’enchantement Simple et autres textes, Poésie Gallimard, p.164 :

«-Ecrire est la plus faible activité que je connaisse, celle qui permet d’attendre sans trop s’éloigner de son attente.

-Et qu’attendez-vous ainsi avec tant de constance ?

- J’attends ce qu’on attend toujours : que l’amour qui passe soit un amour qui demeure.

- Mais si vous attendiez en vain ?

-Ce ne peut-être en vain car mon attente et cet amour ne font qu’un seul.»



Christian Bobin, Une Bibliothèque de nuages ; « La mort et la vie sont si nouées l’une à l’autre que je ne comprends pas pourquoi on a inventé deux mots pour dire un seul éblouissement. »




Cheikh Hamidou Kane, L’aventure ambiguë, 10/18, 1974, p.96

« Le maître s’était dressé alors :

- Je jure sur la Parole que je ne le sais pas. Ce qu’un homme sais vraiment est pour lui comme la suite des nombres : il peut le dire infiniment et le prendre dans tous les sens, sans limites. Ce que je pourrais vous dire maintenant, au contraire est rond et court : « Faites », ou bien encore « Ne faites pas », sans plus. Ne voyez-vous pas, vous-même, la facilité avec laquelle cela peut se dire, et comme il n’y a pas plus de raison de dire ceci que cela ? »




Georges Perec, Espèces d’espaces ; « Pourquoi ne pas privilégier la dispersion ? Au lieu de vivre dans un lieu unique, en cherchant vainement à s’y rassembler, pourquoi n’aurait-on pas, éparpillées dans Paris, cinq ou six chambres ? J’ai dormi à Denfert, j’écrirais place Voltaire, j’écouterais de la musique place Clichy, je ferais l’amour à la poterne des peupliers, je mangerais rue de la Tombe-Issoire, je lirais près du parc Monceau. »



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