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Christiane Singer

Dernière mise à jour : 25 avr.

Christiane Singer, Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?, Albin Michel, 2021 (éd. Le livre de poche, 2023).


p.13

Le paysage est si vaste à l’intérieur d’un seul homme que toutes les contradictions y veulent vivre et y ont place.



p.31-32

Une autre donnée irréductible de la vie et tout aussi insupportable à la conscience contemporaine est l’intuition métaphysique du paradoxe inhérent à toute manifestation de la vie.


La double face est toujours là : l’aspect caché / l’aspect visible, le clair / l’obscur, le dedans / le dehors, la naissance et la mort. […]


Les antonymes vont ensemble, inséparables. L’un se montre, l’autre se cache. Un ballet sublime et terrifiant. On ne peut pas faire l’économie du tremendum, de l’effroi sacré devant le monde créé. Nos ancêtres le connaissaient. Nous n’en voulons plus. Aussi le mystère de la vie nous reste étranger, hostile. Il n’y a pas de choix possible. A choisir, à choisir, à étrangler un aspect on étrangle l’autre avec. En ne voulant que la vie et pas la mort, nous n’avons plus ni l’un ni l’autre. Seul un entre deux lyophilisé et sous préservatif. La révélation qui attend le sage à la fin de sa route est toujours semblable dans les traditions : le deux est Un. Où que portent nos regards.



p.44-45

Je ne connais guère métaphore plus inspirante pour frôler le mystère de la création que celle du nœud de la tradition hébraïque.

De quelle manière le visible est-il relié à l’invisible, le sacré au profane, le corps à l’âme ? Par mille fils emmêlés les uns aux autres et réunis en un nœud. […]

Le nœud exprime le mystère du monde crée. Rien n’est ni linéaire, ni causal, ni prévisible. Le nœud nous dit : prends soin du monde et de tout ce qui te rencontre. L’inattention te coûterais cher, te ferait rater les plus grands rendez-vous. Tu ne sais jamais à quoi le fil que tu tiens est relié de l’autre côté. A l’autre bout.



p.126

Ontologiquement la mort est comme la naissance, inhérente à la vie - et non son opposé.

 

 

 

Christiane Singer, La Guerre des filles, Albin Michel, 2022


Hommes et femme, destins inextricables, arbres encroués aux couronnes mêlées, qui vous sépareraient ?


-Ah ! laisse donc, dit Sharka, ne vois-tu pas que nous sommes déjà séparés sous nos couronnes brisées.


-Séparés ? Eh bien, peu importe ! Retourne le sablier ! N’est-ce pas toujours le même sable qui coule ? L’amour est douce qui enferme en une seule arabesque l’homme et la femme. L’amour est douce, qui réconcilie l’irréconciliable, lie ce que les dieux jaloux séparent. Elle est belle la petite seconde d’éternité où les oiseaux de la nuit en rejoignant leurs nichoirs frôlent les oiseaux du jour qui s’éveillent… Elle est belle, la petite seconde où la mort arrive, boit la vie qui s’en va sur les lèvres du moribond. Elles sont belles les rencontres furtives de ce qui n’est pas fait pour se rencontrer. Elles sont belles les rencontres de l’homme et de la femme, elles sont belles et terribles…



 

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