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Puissance de la douceur

Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur, Manuels Payot, 2013


p. 11 Introduction


« La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d’accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent. Parce qu’elle a ses degrés d’intensité, qu’elle est une force symbolique et qu’elle a un pouvoir de transformation sur les choses et les êtres, elle est une puissance. »


p.70 Douceur pure ?


« Peut-on concevoir la bonté, la joie, le don, le calme sans leur contraire ? La douceur aurait-elle une quelconque valeur si elle n’incluait pas la brutalité ? La pensée chinoise est celle qui a sans doute le plus essentiellement exprimé cette idée en montrant, par exemple, que la graphie qui représente le yin et le yang inscrit en chacun d’eux un point minuscule signifiant l’inclusion nécessaire du principe adverse. Si la douceur est un lien d’une constance qui va bien au-delà des circonstances et des évènements et qui s’adresse à l’être, on pourrait définir la brutalité comme ce qui vient menacer ce lien. S’il y a douceur, c’est-à-dire aussi tendresse et protection, il faut exercer une violence pour en finir. Or sans la possibilité pour l’individu de passer à son contraire, la douceur reste-t-elle un choix ? Ne verse-t-elle pas dans le devoir sacrificiel, ou l’infirmité psychologique ? »


p.141 Une révolution, en douce


« C’est par inadvertance, parfois, qu’une révolution a lieu. Un effet d’une extrême douceur, à peine différent des autres moments, et c’est pourtant la vie qui soudain prend feu, s’embrase. Mais d’un feu d’une douceur inexplicable. Comme si soudain on vous prenait par la main le long d’un précipice et qu’il fallait non seulement passer mais danser, et que oui, vous dansiez sans peur ni vertige, que l’espace même prenait refuge en vous, et qu’alors une fois arrivée de l’autre côté tout aurait changé, mais sans violence. La révolution intime est-elle de cet ordre ? »



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