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Heinz Wismann

Mis à jour : mars 5

Philosophe et philologue franco-allemand, né en 1935.


Extraits de l'émission du 10 janvier 2020:


« Le philosophe a pour unique vocation de supprimer les contradictions. »


« La philosophie est ce qu’on peut tirer d’une langue donnée en ne succombant pas aux évidences qu’elle charrie. Le philosophe a pour unique vocation de supprimer les contradictions. La réflexion philosophique commence par l’affirmation que le réel est un, l’être, et ensuite elle est en prise avec la diversité des phénomènes, la multitude des affects, elle doit trouver l’explication qui permet de concilier l’un et le multiple. La philosophie, jusqu’à ses manifestations les plus raffinées, poursuit la chasse à la contradiction. »

[…] « Peu à peu, la philosophie, a creusé la manière dont nous sommes toujours confrontés à la contradiction. La dernière contradiction la plus difficile à éradiquer, c’est l’autocontradiction performative. C'est-à-dire quand je dis une chose parfaitement cohérente, mais que je ne suis pas habilité à dire. »


Archive de Jean Bollack (Philosophe, philologue et critique français, 1923-2012) dans Ça me dit l'après-midi, France Culture, le 12 juillet 2008 (extrait) :

«On se corrige tout le temps, voilà. On arrive à quelque chose, à une perfection, à un définitif provisoire, à une perfection qui est consciente de sa précarité. Je n’aspire pas au définitif, mais je ne me réclame pas de l’impossibilité d’y aspirer. »


Heinz Wismann, en parlant du quatuor à cordes n°14 en ré min D 810 La Jeune Fille et la Mort de Schubert (dans l’émission interprété par Quatuor Ehnes) :

« Il y a l’infinie tristesse, toute grande musique est infiniment triste, elle est nostalgique et en même temps elle apporte la consolation qui est la manière dont cette tristesse est articulée, elle advient par le langage, qui est le langage musical, et le fait que ça s’exprime que ça s’articule, que ce soit cohérant est une consolation. […]Pour une sonate classique, […] il y avait au début toujours un thème ou deux thèmes qui se tiraient dans les pattes, et ensuite un développement qui conduit à une résolution qui supprime la contradiction initiale en l’intégrant. Et ça, c’est la démarche même de la philosophie : on part d’une contradiction et ensuite on la développe, et développant la contradiction on arrive à une construction dans laquelle elle est à la fois préservée et surmontée. Et la musique c’est ce geste, pour moi. Elle part toujours d’une émotion qui ébranle profondément. Sinon ce n’est pas de la grande musique. » […] « Ce mouvement-là qui fait coexister le même et l’autre, l’identique et l’altérité, c’est ça le cœur même de la philosophie et de la musique. »


« Écrire, c’est quand même

aller vers l’inconnu avec les moyens de la connaissance. »


Lien vers l'émission complète : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/profession-philosophe-5174-heinz-wismann


Source image Cairn.info - Crédit Sébastien Dolidon.